Lettre ouverte adressée à l’ensemble des membres du CCAF Et de la communauté arménienne de France

Mourad Papazian, membre du Comité Central de la FRA Dachnaktsoutioun, doit démissionner du poste de Président du CCAF.

La révolution de velours qui a lieu actuellement en Arménie après le maintien au pouvoir de Serj Sarkissian a abouti à la démission de celui-ci du poste de Premier Ministre, et les actions pacifiques continuent pour réclamer des élections législatives anticipées.

Cette révolution de velours qui a déjà changé le cours de l’histoire récente de la République d’Arménie est née d’un mouvement spontané, massif et populaire.
Elle est une expression d’émancipation du peuple arménien vis-à-vis d’un pouvoir établi.
Elle est l’expression sincère, profonde, inattendue, porteur d’espoir, d’une volonté de changement en Arménie.

Le « Conseil suprême » de la FRA Dachnaktsoutioun a déclaré le 15 avril dernier soutenir la nomination de Serge Sarkissian au poste de Premier Ministre.
Toujours selon cette même déclaration, le « Conseil suprême » fait état de la confiance du public dans le gouvernement.

Ceux qui ont soutenu le maintien au pouvoir de Serj Sarkissian après 10 ans de mandat en tant que président de la République ne peuvent pas prétendre aujourd’hui parler au nom du peuple. Le peuple a parlé, et il l’a fait de manière pacifique, en rejetant ce qui leur avait été imposé. La constitution d’Arménie est faite pour le peuple et pas pour un seul homme.

Ce qui se passe actuellement en Arménie doit nous inspirer ici en France et ailleurs.

Le CCAF est un système fermé d’associations ou la pluralité et la démocratie ne s’expriment pas ou très peu. Ses membres l’ont acté depuis très longtemps et ont tenté d’en changer les statuts pour introduire un système ouvert aux individus avec un système électoral pour choisir ses membres dirigeants. Le CCAF Paris a validé ces changements de statuts, le CCAF Centre-Lyon a validé ces changements de statuts, et le CCAF Sud Marseille ne l’a pas fait expliquant ainsi la mise « entre parenthèse » de ce projet novateur et fédérateur.

Depuis, le CCAF est resté ce qu’il était, c’est-à-dire une structure ou le consensus règne à défaut d’une gouvernance légitime pour parler au nom de la communauté arménienne.

Le consensus est même poussé jusqu’à une co-présidence, ce qui n’est en rien conforme au statut du CCAF. Or Mourad Papazian ne fait plus consensus, en tout cas pas pour le parti HENTCHAKIAN, membre fondateur du CCAF.

Mourad Papazian représente un parti politique qui a même déclaré en Arménie, par la voix d’Armen Roustamian, le 16 avril dernier, être contre la présence des gens dans la rue et le blocage des axes.

La Diaspora arménienne a bien évolué ces 20 dernières années avec l’arrivée d’Arméniens venus d’Arménie. Or cette composante qui vit au rythme de l’Arménie, qui a de la famille en Arménie, qui envoie de l’argent en Arménie, qui a quitté l’Arménie pour fuir la misère mais aussi pour quitter un système qu’ils jugent injuste et arbitraire, n’est absolument pas prise en compte au sein du CCAF.

Cette composante est à l’image du peuple d’Arménie, elle s’exprime massivement contre le pouvoir établi à la fois en Arménie, et c’est leur droit le plus total, et à la fois en France où ils vivent.

D’autres composantes de la Diaspora établie s’exprime également contre le pouvoir en Arménie, au nom de la solidarité avec le peuple d’Arménie, et ils s’expriment aussi contre le CCAF, contre ses orientations politiques, ses actions et sa gouvernance. Et ils sont de plus en plus nombreux à s’exprimer en ce sens.

Toutes ces composantes sont totalement absentes du CCAF.

C’est pourquoi, au nom de la « sacro-sainte Unité », qui jusqu’à aujourd’hui n’est qu’une façade derrière laquelle nous cachons nos problèmes internes, nous demandons l’ouverture de consultations immédiates au sein du CCAF pour :

1/ La démission de Mourad Papazian

2/ La mise en place de nouvelles élections pour élire des personnes indépendantes du pouvoir en Arménie et qui peuvent faire consensus.

3/ Ces personnes élues auraient un mandat provisoire pour mettre en place des modifications de statuts du CCAF de manière simple, pratique et qui feraient l’objet, là encore, d’un consensus.

Pour nous il n’y a pas d’autres alternatives, pour permettre autant que faire se peut, dans le contexte actuel, l’expression de la démocratie et de la pluralité des différentes sensibilités de la communauté.

Les attentes sont fortes ! Un espoir de changement est né en Arménie, donnons aussi à la Diaspora un espoir de changement.

Le 25/04/2018,

NAZARPEK Jeunesse HENTCHAKIAN
GAIDZ – Nor Serount Association Culturelle
HOMENMEN France -USAF
Parti Social-Démocrate HENTCHAKIAN