Le procès de Maxime Gauin ?

 

 

On s’attendait à une attaque virulente de l’accusation, mais tel ne fut pas le cas, contrairement au triomphalisme affiché par Monsieur Gauin sur les réseaux sociaux en d’autres circonstances.

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Après une attente interminable par le fait de quatre affaires précédentes, la séance a débuté à 15h05 dans une salle surchauffée par la présence de plus d’’une centaine de sympathisants à la cause arménienne et soutiens de Sam (Samuel) Tilbian et Jean-Marc (Ara) Toranian, prévenu pour l’un de « présomption d’injures » et pour l’autre de « présomption de diffamation » sur la personne du « chercheur en histoire » Maxime Gauin.

Si la séance s’est déroulée sans anicroche de part et d’autre, la présidente, dont le travail de recherche est à saluer, a bien rappelé que concernant le génocide des Arméniens, « la question a été tranchée », notamment par sa reconnaissance dans plus de 29 pays, ajoutant, en revanche, une notion négative sur sa contestation pénale.

15h35, Sam Tilbian à la barre décline les faits militants sur divers forums « des Dussardiers », alias Maxime Gauin et en vient à conter l’épouvantable histoire de sa famille pendant le génocide.

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16h15, Ara Toranian, l’un des porte-voix de la communauté arménienne, rappelle qu’il n’y a pas de controverse à propos du génocide.« C’est un fait historique », dira-t-il. Et Profitant de la tribune offerte par son accusateur, s’en prendra à ce dernier pour ses propos, à tout crin, désobligeant visant à discréditer les travaux du « grand historien turc » Taner Aksam. Puis, ému, il fera lui-même état du drame vécu par ses grands-parents en terre turque. Visant Maxime Gauin pour ses incitatives provocations à la haine, le rédacteur-en-chef des Nouvelles d’Arménie citera l’une des attaques gratuites du chercheur en histoire visant Kim Kardashian, avec le commentaire suivant : « prostitution », publié sur Twitter. En effet gratuit, haineux et hors sujet.

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S’il avait choisi, dans un premier temps, de ne pas répliquer aux provocations du négationniste, qu’il affublera du qualificatif de « bon petit soldat de l’État turc », Ara Toranian s’est ravisé, ne pouvant laisser impunément sévir ce français établi en Turquie, à passer son temps à dénigrer, attaquer, provoquer et salir la mémoire des victimes du génocide des Arméniens. Parlant des résistants arméniens qui ont pris les armes pour la défense de la France que Maxime Gauin fustige, le propriétaire d’armenews dira : « Il outrage la France quand il dit que ces gens-là, des résistants, n’étaient pas la France. C’est effectivement quelqu’un au service du fascisme turc ».

« Le temps aurait dû apaiser les souffrances », dira-t-il. « ce n’est pas le cas. Nous allons continuer ce combat pour la pénalisation de déni du génocide arménien » a-t-il conclu.

16h45, Maxime Gauin, voix fluette laissant deviner un léger accent ensoleillé, à la rhétorique bien huilée, cite la définition encyclopédique du mot « fascisme, et dira ensuite « Je n’ai rien entendu sur le fond », parlant des chefs d’accusation par lui déclinés. Il tentera par deux fois d’élever le ton, contestant une fois de plus le qualificatif du mot « génocide » accolé à la question arménienne et se défendant de travailler au service de l’état turc.

17H15, l’historien Yves Ternon, cité comme témoin, très à l’aise sur la question, n’en fera pas quinze tonnes tellement les faits génocidaires sont patents et indiscutables. Il sera suivi par son confrère Raymond Kevorkian qui en ajoutera une sacrée couche sur les dérives turques.

A 18h05, après une interruption de séance, Maître Patrick Maisonneuve, pour la partie civile, tout en ne remettant pas en cause l’existence du génocide, dira : « Mais y-a-t-il une place pour le débat ? ». Et prenant la défense de Maxime Gauin, il ajoute « Ce n’est pas un espèce de militant que vous voulez nous présenter », tout en avançant des arguments techniques sur le fond de l’affaire et des mots « nazi » « Fachisme » et « Faurrisson ».

Son intervention n’aura duré que 10 petites minutes, pour laisser place à une avocate qui a fait ce qu’elle a pu pour se singulariser, en vain, parlant d’un « préjudice moral » subit par l’accusateur.

Après une intervention de l’avocat général, à 18h31, c’est Maître Henri Leclerc qui a pris la parole jusqu’à 19h12 au nom de la défense, martelant à qui voulait l’entendre que « le négationnisme de l’état turc est insupportable. » Sans effet de manches, il élèvera la voix, indiquant que 43 pièces avaient été versées au dossier de l’instruction, tout en prenant comme exemple le cas Faurrisson, qui selon lui pourrait effectivement s’appliquer au cas Maxime Gauin, le négateur du génocide des Arméniens.

A propos du soit-disant antisémitisme d’une certaine frange de la population arménienne, que dénonce à-tout-va, comme un étendard, le diplômé en Histoire sociale, maître Leclerc déclinera la liste des amis et organisations juives qui soutiennent le combat de la cause arménienne, sur une moue ironique de l’accusateur. Il terminera son plaidoyer en affirmant qu’ « on ne peut porter atteinte à la dignité du peuple arménien“.

La séance s’est achevée à 19h15 (tient…). Le délibéré est attendu le 28 novembre prochain.

Source : Nouvelle d’Arménie magazine